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DE LA VILLE DE PARIS.
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ziere faire prandre à mond, filz par les mains de l'E­vesque de Paris. Et d'autant que telles choses ont acoustumé estre faictes en la presence et assistation de personnes singulières là appellées pour compères et commères, ayant pensé, que pour l'amour natu­relle, grande et specialle demonstration d'affection que la ville de Paris a tousjours faicte, non seulle­ment envers le pere, mais jusques aux premiers an­cestres de ceste couronne dont mond, filz est sorty, que je ne pourrois y appeller personnes qui avecq plus d'honneur et d'affection soient pour y tenir ung de ces lieulx là, j'ay choisy à cest effect le corps de vostred. Ville pour, en compaignée de ma cousine la mareschalle de Montmorency (1', assister à lad. cere­monye, où je vous prie vous trouver lors étau Lemps que le sr de La Bourdaizière le vous fera sçavoir pour là bailler à mond, filz le nom dessusd, de sond, grand pere et faire ce qui est requis en tel acte, qui sera pour corroborer et fortiffier l'amytié que vostred. Ville peult se promectre sur tous autres subgectz du Roy mond, filz, de sa mere el de toute la race, qui n'ont riens de ce royaulme plus cher que lad. Ville et les bons et clignes subgectz qu'ilz y ont tousjours trouvez; pryant Dieu, Mess", vous donner
ce que desirez. De Molins, le xmc jour de Janvier i566 C2'."
Signé : CATERINE. Et au dessoubz : de L'Aubespine;
Et sur la superscription : .4 Messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
"Monsieur le Prevost, je vous envoyé une lectre dela Royne, par laquelle vous verrez l'office duquel elle honore la ville de Paris et vous aussi en la per­sonne de monseigneur son filz. Et pour ce que ma­dame la mareschalle est esleue et nommée commère, j'envoye ce porteur devers elle pour sçavoir d'elle le jour qu'elle se pourra trouver à ceste fin en ce lieu, et par mesme moyen donne charge à ced. porteur vous en advertir, affin de suivre en cela l'intention de Sa Majesté, laquelle, je m'asseure, elle vous faict entendre, qui me gardera d'y adjouster autre chose, et priray Dieu en cest endroict, monsr le Prevost, vous donner bonne et longue vye. De Sainct-Germain, ce xviii0 jour de Janvier 1565 -3'.»
Et au bas est escript : Vostre obeissant et affec­tionné amy : La Bourdaizière 14'.
DCCXL1V. — Changement du nom du duc d'Anjou, frere du Roy!5'.
21, 23 janvier i566. (H 1784, fol. 359 v°-)
Veue la lectre cy dessus escripte, a esté deliberé, actendu l'honneur qu'il plaist à Sa Majesté faire à ceste Ville de l'inviter à acte tant honnorable pour porter le tiltre de parrain à ung des enfans de France, frere du Roy, il estoit bien convenable d'aller à Sainct-Germain , le jour assigné, au meilleur et plus sump-tueux ordre que faire ce pourra, et que pour ce faire Messieurs les Prevost et Eschevins partiront dimenche
prochain, et ce pendant feront faire par advance robbes neufves, lesquelles seront payées aux des­pens de la Ville, c'est assavoir, led. Prevost robbe my partye de veloux cramoisy et tanné, el chascun desd. Eschevins et Greffier, robbes de satin cramoisy et tanné. Et quant aux Procureur et Receveur de la Ville, chascun robbe de satin noir ou tanné, le tout doublé de veloux, ce qui a esté executé. Et ce sont
fust faict duc d'Anjou, et le duché d'Orléans réuny à la couronne et Monsieur d'Anjou qui estoit, fust faict duc d'Alençon, auquel fust baillé Mante et Meulan-.
O Diane, duchesse de Châtellerault, puis d'Angoulême, légitimée de France, fille naturelle de Henri II et d'une demoiselle piémon­taise, Philippe Duc, mariée en i552 à Horace Farnèse, duc de Castro, tué au siège de Hesdin, épousa en secondes noces, en 1557, François, duc de Montmorency, après sa rupture avec M11" de Piennes; ce mariage ne fut pas heureux. (Voir à ce sujet le mémoire de M. de Rubie sur François de Montmorency, p. 232.) Brantôme fait Ie plus bel éloge de cette dame et lui a consacré une notice très étendue. (L. Lalanne, Œuvre* de Brantôme, t. VIII, p. i4o-i45.)
(2' M. H. de la Ferrière a reproduit cette lettre d'après une copie de la bibliothèque du Louvre, seulement la suscription qu'il donne est erronée, car cette missive s'adresse non aux gens du Parlement, mais à t'Échevinage parisien. {Lettres de Catherine de Médicis, t. 11, p. 3-41 -) Elle a déjà été imprimée dans D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, preuves, t. V, p. 399.
(3) Ces différences de notations chronologiques dans ces deux lettres proviennent de ce que les uns comptaient d'après le style de janvier nouvellement mis en pratique, et les autres, en particulier le Parlement, suivant le style de Pâques.
O La lettre ci-dessus se trouve imprimée parmi les preuves de D. Félibien, Histoire de laville de Paris, t. V, p. 399.
(-) Tout le récit de cette cérémonie a été reproduit par D. Félibien, Histoire de la ville de Paris, preuves, t. V, p. 39g.